hop lien Jean GABARD auteur de Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté Les Editions de Paris, mai 2006. http://www.jeangabard.com
Alors que la question de l´échec scolaire occupe le devant de la scène et que de multiples solutions sont proposées ou ont déjà été adoptées sans beaucoup de résultats, ne serait-il pas nécessaire de se demander si les « nouvelles » méthodes pédagogiques sont vraiment adaptées à la situation et si le véritable problème ne se trouve pas ailleurs ?
Les propositions actuelles sur l´école découlent d’une vision du monde progressiste qui peut être appelée « féministe » dans la mesure où elle s’oppose radicalement à l´idéologie de la société patriarcale traditionnelle, autoritaire et machiste. Celle-ci s´est développée avec l´Humanisme et les Lumières. Elle a été à l’origine des mouvements d’abord libéraux, puis démocratiques, puis féministes. Aujourd´hui, alors que ses défenseurs se battent à juste titre contre des mouvements réactionnaires, elle dérive cependant , au point de devenir parfois, chez certains hommes et certaines femmes, une idéologie qui n´accepte aucune remise en cause. Cette nouvelle idéologie devenue dominante ( approuvée par une majorité des femmes et des hommes), en arrive à confondre liberté avec spontanéité et à transformer l´égalité en droits en un droit à l´égalité. Dans un renversement d´attitude, une autre dérive fait des valeurs dites « féminines » autrefois injustement ridiculisées les seules valeurs dignes d´être développées.
machin
Cette idéologie dite « moderne » a influencé toutes les réformes faites ces trente dernières années à l´Ecole. Des méthodes pédagogiques ont été considérablement améliorées et elles continuent d´être perfectionnées pour rendre plus intéressants et plus efficaces les apprentissages. L´élève, de milieu aisé ou défavorisé, devenu le centre du système scolaire, est pourtant de moins en moins motivé et l´échec scolaire, loin de diminuer, s´accroît. Alors, malgré les intentions louables des réformateurs, ne serait-il pas nécessaire de faire une pause et de se demander si ces réformes n´ont pas aussi des effets pernicieux ? En effet, à force de vouloir changer, en invoquant le fait que les méthodes d´enseignement sont inadaptées et mauvaises (ce qui revient très souvent à remettre en cause ceux qui les ont adoptées ou ceux qui n´adoptent pas assez bien les nouvelles), les élèves (qui sont alors très attentifs), trouvent de bonnes raisons de ne pas être motivés et ainsi de ne pas faire l´effort de travailler. Comment, d´ailleurs, pourraient-ils avoir envie d´écouter des maîtres (le mot « maître » lui-même est devenu tabou) quand ce qu´ils entendent dans les médias et même parfois dans la bouche de responsables de l´Education Nationale va souvent dans le sens d´une critique des éducateurs qui ne seraient jamais assez attentifs, justes, compétents, modernes... Ces élèves sont confrontés à une injonction paradoxale totalement perverse : on leur demande d’écouter des enseignants auxquels peu de personnes sont prêtes à accorder du crédit. S’ils ne l’écoutent pas ils ont le tort de ne pas obtenir les résultats scolaires attendus et s’ils l’écoutent il ont le tort de suivre quelqu’un qui ne le mérite pas. Ainsi, alors que les méthodes traditionnelles ont été accusées d’occasionner des névroses, il se pourrait que la société actuelle soit en train de produire des psychoses !
Parce que la fonction éducative a été détournée en autoritarisme pendant des siècles, des « pédagogues » dans la réaction « jettent le bébé avec l´eau du bain », et donnent l´impression de prendre le rôle d´une maman qui viendrait écouter l´enfant et le défendre, en lui donnant raison contre le « père ». Alors que l´évanouissement de la fonction de « père » a une responsabilité certaine dans la crise que traverse notre société, ils contribuent à l´achever en privilégiant le rôle maternant des enseignants. Et pourtant, les enfants ont besoin de « père » pour se structurer. Sans repère ne deviennent-ils pas très souvent des enfants « hors la loi », incapables, à l´école, de respecter les règles de l´orthographe, de la grammaire, du calcul, de la discipline... indispensables pour pouvoir apprendre ? S´il n´est pas question de les faire revenir à des méthodes peu performantes et inhumaines, est-ce en les maintenant dans un cocon fusionnel et en continuant d’en faire des enfants-rois, qu´ils apprendront à devenir des citoyens, adultes, responsables, capables de faire vivre la démocratie ?
hop
Professeur d’Histoire en collège et lycée et passionné par les Sciences Humaines, je peux constater chaque jour le malaise de nombreux enfants. C’est pourquoi, j’ai voulu comprendre comment la « révolution libertaire et féministe », à laquelle j’ai participé, a pu aboutir, trente ans plus tard, à une telle crise de l’autorité et de la transmission, à une telle perte de repères et de sens.
Après plusieurs années de lecture et de réflexion, j’ai écrit un essai et je fais des conférences-débat sur le thème de la place des « pères » dans l’éducation des enfants.
Si le titre de mon livre : « Le féminisme et ses dérives » peut (cela est déjà arrivé), induire en erreur un lecteur trop pressé, le sous-titre du livre « Du mâle dominant au père contesté » et le titre de la dernière partie : « Changer de direction sans retour en arrière », montre que si j’ose dénoncer des dérives d’une idéologie féministe, je condamne encore plus l’autoritarisme et le sexisme de la société patriarcale traditionnelle.
Mon livre analyse l’évolution d’une pensée « féministe » (« féministe » dans la mesure où elle s’oppose radicalement à l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle). Cette vision du monde « féministe » a permis d’accéder à une démocratie en favorisant la liberté et l’égalité en droits des hommes et des femmes. Cette démocratie n’est toujours pas parfaite et la lutte contre le machisme est encore plus que nécessaire. Cependant, la vision du monde « féministe » a tendance à devenir, chez des hommes et des femmes, une idéologie qui dérive…
J’ai essayé de dévoiler, dans mon ouvrage, ces dérives, en cherchant leurs origines et en montrant les conséquences de celles-ci dans notre vie de tous les jours et particulièrement dans l’éducation des enfants. Ainsi mon livre aborde les questions de la famille, de l’école, des cités, la crise de l’autorité, de la citoyenneté, la montée de l’intégrisme, du machisme, du populisme …
Dénoncer des dérives féministes est encore une tâche délicate, alors que des plaies ne sont pas cicatrisées (et peut-être même encore régulièrement ouvertes) mais, faut-il, pour autant, parce que le machisme est encore trop présent, ne pas essayer de limiter des dérives « féministes » qui risquent d’alimenter, chez certaines personnes fragilisées, la tentation du retour en arrière ? Est-il inconvenant de croire qu’après la crise de société que nous traversons et que l’on peut assimiler à une crise d’adolescence, les hommes et les femmes puissent aller de l’avant et avoir le projet de cheminer ensemble vers un monde plus adulte ?
vous pouvez - visiter mon blog et mon site - me contacter http://www.jeangabard.com jean.gabard01@laposte.net
Commentaire de Veronik (webmestre de l’école en pyjama)
Vous m’avez envoyé ce texte dans un mail, surement pour que je vous site sur "l’ecole en pyjama"...En fait je suis toujours entre deux façons de voir les choses...L’ecole, l’éducation des parents, la société va mal, on a balancé le bébé avec l’eau du bain...J’ai enlevé mes enfants de l’école après une année avec 7 remplaçants, qui allaient jusqu’à donner des communications sur leur portable pendant le cour, qui donnaient des devoirs de 2h a mes enfants, m’indiquant qu’en classe , ils n’avaient pas le temps de faire du français et des maths puisqu’il y avait de l’anglais et de l’informatique, qui dénigraient notre rôle de parents pour s’enorgueillir de leur année de psychologie de bas étage... Comment voulez vous qu’on ne dénigre pas ces personnes ? comment peut on les appelés " maîtres" ! Encore faudrait ils qu’eux même se respectent (peut-être en cherchant les véritables raisons pour lesquelles ils sont devenus enseignants ?). Mes enfants prennent maintenant des cours par correspondance , qui reprennent des façons de faire plus anciennes, methode syllabique, bases de grammaire, conjugaison, calcul mental....l’informatique et le reste, ils se debrouille très bien sans l’école !!! Ils passent 4h par jours aux cours et le reste du temps ils l’emploient a ce qu’ils aiment, bricolage, jeux, sorties.... Ah, mais dommage !!! ils échappent au moule de l’état pour en faire de bons petits consommateurs qui pensent comme les autres ! Maintenant tous ceux qui instruisent leurs enfants a domicile sont considérés comme pouvant être sectaire ( V.affaire Tabitha place), et surtout d’après Mr Sarckosi fabriquer des petits délinquants....pour moi la plus grande fabrique de délinquants, la plus grande secte, c’est l’état, et au commencement l’école ! Et plus on les met tôt, mieux c’est ! C’est devenu très louche de vouloir s’occupper soi même de ses enfants, bientôt nous ne seront plus que de jolis reproducteurs...l’état s’occupera du reste... Donc, je suis d’accord avec vous sur pas mal de points...la place du père contesté...ect...chez nous le papa à la place de l’autorité aimante et sure ! La maman étant celle qui materne et qui s’occupe de l’intériorité familliale...mais je ne peux mentir a mes enfants en leur disant d’appeler "Maîtres" des personnes qui ne les respectent pas, qui ne sont pas passionnés par leur travail...heureusement il reste des cas rares, nous avons des amis instituteurs et nous connaissons quelques êtres dignes de l’appellation "Maître", seulement nous ne pouvons attendre que ceux ci croisent la route de nos enfants et notre seule alternative a été de les retirer de ce milieu devenus dangereux pour eux.